Les poteries « décoratif » surgissent dans mon imagination sous leur forme finale (parfois lorsque je suis au volant de
ma voiture, parfois la nuit). Ils sont de forme ronde, ainsi qu’il en est de mes préférences esthétiques. Mon jardin
a des plates-bandes ondulées, les étagères de mon bureau sont rondes…
Les personnes attendent que je dise qu’ils sont inspirés de la nature, en voyant l’endroit où je vis et qui est
si beau mais la vérité est que l’idée m’en vient comme je l’ai dit. Je ne les dessine pas. Je les garde en
esprit jusqu’à ce que j’aie le temps de les réaliser. Car je travaille. Je travaille à temps plein, ainsi
cela reste un passe-temps ce qui est extrêmement frustrant. Mais, peut-être qu’un jour je pourrai y dédier
du temps comme j’aimerais le faire. J’en ressens peut-être même la nécessité.
Les pots « à feuille » sont bien évidemment inspirés par la nature qui m’entoure. Cependant quand je crée
des poteries avec de vraies fougères, de l’herbe et des feuilles, c’est parce que je me trouve dans un
espace émotionnel différent de celui où je me trouve quand je fabrique des objets originaux.
Les ceramiques cadeaux sont difficiles à faire, en premier lieu parce qu’ils sont une exception à la « règle » de la
rondeur – j’aime l’idée d’un cadeau dans un cadeau. L’idée m’est venue à partir du gâteau d’anniversaire que
j’avais fait pour les 21 ans de mon fils. C’était un gâteau blanc, carré, avec un ruban de sucre glace bleu.
Il est rare que je fasse des poteries de ce genre car ils risquent de « mal tourner » à un moment ou à un autre et
que cela demande beaucoup de temps et de patience, choses que je n’ai pas toujours. Mais je continue malgré tout à
en faire car lorsqu’ils sont réussis, c’est une vraie réussite.
Je n’ai jamais voulu apprendre à utiliser un tour. J’aime faire les pots à la main afin de pouvoir les rendre
asymétriques – cela fait partie de leur esthétique. Oui, ils pourraient être symétriques, mais je n’aime pas ça.
Chaque pot a son individualité et bien que j’aie différents styles, aucun pot n’est jamais identique. Je prends
aussi des commandes, communiquant par mail la progression du travail en cours. Si le résultat final n’est pas
au goût du client, je garde le pot dans ma collection plutôt que de laisser quelqu’un avec une céramique qui
ne soit pas à son goût.
J’utilise de l’argile à grès. J’ai essayé la faïence mais n’ai pas apprécié sa texture, ni le brillant de ses vernis.
J’aime la nature robuste de ce type particulier d’argile à grès, quand je la manipule, la remodèle et la déforme,
parfois la travaillant trop vite quand je me sens particulièrement inspirée, au risque de la voir
s’effondrer et tout recommencer.
Le choix du vernis reflète l’état émotionnel du moment ; la période blanc mat, blanc brillant, rouge …..
S’agissant de vernis à grès, même le rouge a une tonalité naturelle. Ajouté à cela le fait que j’utilise souvent
des coquillages, des plumes, du bois, tout cela reflète mon amour de la nature. La rondeur en fait aussi partie :
la nature est rarement angulaire.
Je ne me sens pas comme un vrai potier, car je suis largement autodidacte –mais en fait j’en suis un - .
L’endroit en Angleterre où j’achète mes matériaux me le montre et ils sont vraiment serviables même avec les
plus stupides des questions élémentaires. Pendant les années 70, je suivais les cours de poterie en
Angleterre car j’ai toujours dessiné et peint et ai passé un an dans une école d’art à New York à la fin
des années 60. Lors de ces cours , j’ai appris les bases mais j’essayais toujours de faire des choses que
j’imaginais, sans savoir comment en fait les réaliser.
En parlant de temps, la plus grande partie en est souvent dédiée à mettre les ajouts à la « bonne » place : la longueur
du ruban, la corde … la couleur, taille et forme des perles, les coquillages…les proportions esthétiques me
préoccupent. Je ne suis jamais persuadée que les autres verraient la différence entre quelques millimètres de plus
ou de moins ou des nuances de bleu mais je passe encore un temps énorme à le faire « bien » pour moi-même.
Une des raisons pour les perles et les garnitures provient je pense de mon enfance. On ne m’autorisait pas du doré
ou des garnitures sur mes vêtements. Je me souviens d’une paire de sandales, aprés que ma mère ait capitulé et
de ma joie en voyant le cuir blanc avec des clous dorés sur la bride du dessus. Ces choses étaient
considérées « vulgaires ». Je pense que j’élabore cela maintenant. J’ai beaucoup de choses chez moi qui ont des
perles, des petits trucs et bidules qui y sont suspendus. C’est de là que vient le
nom –Quirkydotcom. (excentrique.com). Ma fille a une fois décrit mon style général de déco comme « excentrique »,
une constatation plutôt qu’une critique, je m’empresse de le dire.
La question que l’on me pose est la suivante : « à quoi ça sert ? ». Cette nécessité de répondre que l’on peut y mettre
des fleurs ou des fruits me «crispe »: cette obligation que cela serve à quelque chose.
Jusqu’à ce que j’ai eu trouvé la réponse. Cela ne sert à rien. Si cela vous plaît, alors c’est pour vous.